28 Mayıs 2015 Perşembe

les sept soeurs



En 1928, les principales compagnies pétrolières du monde, les Sept Soeurs («The Seven Sisters»), concluent dans le plus grand secret, à Achnacarry, en Écosse, un accord décisif en vue de se partager les réserves de pétrole du Moyen-Orient et de maintenir des prix élevés tout en s'évitant les désagréments d'une concurrence sauvage. (20)
L'accord sera gardé secret jusqu'en 1952. Cette année-là, le gouvernement américain le rendra public pour obliger les firmes à jouer le jeu de la concurrence et baisser leurs prix... de façon que les crédits accordés aux Européens dans le cadre du plan Marshall ne servent pas simplement à enrichir les pétroliers ! (20)
En 1938, le Mexique fut le premier pays à avoir osé nationaliser l'exploitation de ses gisements de pétrole. Il est vrai que les abus des compagnies sur le terrain justifiaient amplement cette sanction. En 1951 survient le drame iranien : le Premier ministre Mossadegh, qui avait tenté d'exproprier l'Anglo-Persian, est chassé du pouvoir par un coup d'État commandité par les Britanniques et la CIA. Du coup, il faudra attendre vingt ans avant qu'un autre pays ose nationaliser son pétrole. Ce sera l'Algérie. (30)
Fluide vital des sociétés modernes (pour quelques décennies encore), le pétrole est aussi à l'origine d'une maladie sociopolitique qui combine désindustrialisation et corruption, baptisée «dutch disease» (en référence... aux Pays-Bas, qui ont mal géré l'exploitation de leurs gisements de gaz). Pour de nombreux pays producteurs Venezuela, Algérie, Nigeria, Angola, Gabon... il s'avère être une calamité sociale et un obstacle au développement, faute d'être correctement géré. Cela sans parler de ses dommages environnementaux : marées noires et contribution au réchauffement climatique. (30)